La première étape

Nous reproduisons ici un extrait de l’ouvrage de référence des Alcooliques Anonymes, dans lequel sont donnés à l’alcoolique des conseils qui ressemblent fortement aux choses que Dieu essaie de communiquer au pécheur. Nous vivons aujourd’hui dans un monde où tous, hommes et femmes, vivent dans un état de dépendance. Nombreux sont ceux qui jugent l’homme détruit par la boisson et qui se disent : « Voilà un être bien dépravé, » mais combien pire est le cas de l’homme qui, croyant n’être dans une condition pas si mauvaise, est en réalité aux yeux de Dieu comme l’alcoolique.

C’est suite à l’étude « La confusion de face » que nous avons été surpris de trouver en-dehors du monde chrétien des conseils qui feraient du chrétien, s’il les adoptait dans son christianisme de tous les jours, un véritable pécheur en voie de rétablissement. C’est notre prière que nous puissions à travers ces quelques lignes mieux comprendre les paroles de notre Sauveur quand, contemplant les œuvres des hommes du monde, Il déplorait le manque de discernement de Ses enfants et disciples : « Les enfants de ce siècle sont plus prudents en leur génération, que les enfants de lumière. » Puissions-nous apprendre aux pieds du Maître à admettre que, malgré nos idées de nous-mêmes, nous ne sommes pas meilleurs que le pire des alcooliques. Puissions-nous livrer à Celui qui seul connait la valeur de l’âme notre cœur tout entier, aussi mauvais, souillé et impur qu’il soit, puissions-nous apprendre à tout donner, même quand nous pensions avoir déjà tout donné, apprendre à comprendre enfin le cœur de Dieu.


« Nous avons admis que nous étions impuissants
devant l’alcool – que nous avions perdu la maîtrise
de notre vie. »

Qui veut s’avouer totalement vaincu ? Presque personne évidemment. Tous nos instincts naturels se rebellent à l’idée de l’impuissance personnelle. Il est vraiment intolérable d’admettre que nous avons pu, le verre à la main, nous fausser l’esprit au point d’être hantés par une telle obsession destructrice de boire que seul un acte de la Providence pourrait nous en libérer.

Aucune faillite n’est comparable à celle-là. Devenu pour nous un créancier vorace, l’alcool nous a volé toute autonomie et toute volonté de résister à ses exigences. Lorsque nous reconnaissons cette implacable réalité, c’est que notre vie est devenue une faillite totale.

Mais une fois entrés chez les AA, nous voyons différemment cette humiliation absolue. Nous nous rendons compte que seule la défaite totale peut nous permettre de nous engager sur la voie de la liberté et de la force. L’aveu de notre impuissance se transforme en solides fondations sur lesquelles nous pouvons construire une vie heureuse et utile.

Nous savons qu’un alcoolique gagnera bien peu à se joindre aux AA s’il n’a pas d’abord reconnu sa désastreuse faiblesse et toutes ses conséquences. À moins d’un tel acte d’humilité, sa sobriété – s’il en a – demeurera précaire. De véritable bonheur, il n’en trouvera pas du tout. Comme une vaste expérience le prouve sans l’ombre d’un doute, c’est une des réalités des AA. Le principe voulant que nous ne puissions pas trouver de force durable à moins d’admettre notre défaite totale est le germe profond qui a permis à notre Mouvement de naître et de s’épanouir.

Devant le défi de s’avouer vaincus, la plupart d’entre nous se sont révoltés. Nous nous sommes adressés aux AA dans l’espoir d’y retrouver la confiance en nous-mêmes. Et maintenant, on nous disait que face à l’alcool, la confiance en soi ne valait absolument rien ; en fait, c’était un désavantage. Nos parrains nous ont expliqué que nous étions victimes d’une obsession si puissante et si subtile qu’aucune volonté ne pouvait la vaincre. Il est tout simplement impossible, disaient-ils, de venir à bout de cette obsession par la seule force de la volonté. Et comme pour ajouter à notre confusion, nos parrains insistaient sur notre vulnérabilité devant l’alcool : une allergie, disaient-ils. L’alcool, ce tyran, brandissait sur nous un glaive à deux tranchants : nous étions affligés non seulement d’une folle obsession qui nous condamnait à continuer de boire, mais aussi d’une allergie physique qui finirait certainement par nous détruire en même temps. Bien rares, en effet,étaient ceux qui avaient soutenu seuls ce combat et en étaient sortis vainqueurs. Les statistiques pouvaient le démontrer : les alcooliques n’arrivent presque jamais à se rétablir par eux-mêmes. Et il en est ainsi, semble-t-il, depuis que l’homme a commencé à presser le fruit de la vigne.

Aux premiers jours du Mouvement, seuls les cas les plus désespérés acceptaient d’avaler et de digérer cette amère vérité. Même ceux qui en étaient presque à leur dernier soupir avaient souvent du mal à reconnaître à quel point ils étaient effectivement irrécupérables. Pourtant, certains l’ont fait et une fois agrippés aux principes des AA avec autant de frénésie qu’un noyé se cramponne à une bouée de sauvetage, ils se sont presque tous rétablis. C’est pour cette raison que la première édition de Alcoholics Anonymous, parue à l’époque où nous avions bien peu de membres, ne parlait que des cas extrêmes. Plusieurs alcooliques moins mal en point s’adressaient aux AA mais sans succès, parce qu’ils ne pouvaient pas faire cet aveu d’impuissance.

Heureusement, la situation a bien changé au cours des années suivantes. Des alcooliques qui avaient encore une bonne santé, qui avaient toujours leur famille, leur emploi et même deux voitures dans leur garage, commençaient à s’apercevoir qu’ils étaient alcooliques. Grâce à cette évolution, des jeunes gens qui n’étaient guère plus que des alcooliques en puissance se sont joints à eux, s’épargnant ainsi les dernières dix ou quinze années d’enfer que nous avions connues. Puisque la Première Étape exige de reconnaître la perte de la maîtrise de sa vie, comment ces personnes pouvaient-elles franchir cette Étape ?

De toute évidence, il nous fallait élever le niveau du bas-fond que nous avions touché pour qu’ils puissent s’identifier. En revenant sur notre passé de buveurs, nous pouvions démontrer que nous avions perdu le contrôle bien avant de nous en rendre compte, que même alors, boire était plus qu’une simple habitude, c’était en fait le début d’une progression fatale. Au sceptique, nous répondions : « Vous n’êtes peut-être pas alcoolique après tout. Pourquoi ne pas essayer de boire modérément pour un temps, sans oublier ce que nous vous avons dit au sujet de l’alcoolisme ? » Cette attitude produisait sans délai des résultats tangibles. Nous avons découvert que si un alcoolique expliquait à un autre la vraie nature de sa maladie, ce dernier n’était plus jamais le même. Après chaque cuite, il se répétait : « Ces AA avaient peut-être raison… » Après quelques expériences du genre, souvent bien des années avant l’apparition de complications extrêmes, il abdiquait et revenait chez nous. Tout comme nous, il avait vraiment touché son bas-fond. La dive bouteille était devenue notre meilleur avocat.

Pourquoi tant insister sur la nécessité pour chaque membre des AA de toucher son bas-fond ? Parce que sinon, bien peu de gens entreprendront sincèrement de mettre en pratique le programme des AA. La pratique des onze autres Étapes des AA oblige à des attitudes et à des gestes que ne sauraient imaginer la plupart des alcooliques qui boivent encore. Qui veut être parfaitement honnête et tolérant ? Qui tient à avouer ses fautes à une autre personne et à réparer le mal qu’il a fait ? Qui se soucie le moindrement d’une Puissance supérieure, sans parler de la méditation et de la prière ? Qui est prêt à sacrifier son temps et son énergie pour tenter de transmettre le message des AA à un autre alcoolique ? Non, l’alcoolique, généralement égoïste à l’extrême, n’a aucune inclination en ce sens – à moins d’y être obligé pour sauver sa propre vie.

Sous le fouet de l’alcoolisme, nous sommes entraînés vers les AA et c’est là que nous découvrons le caractère fatal de notre état. Alors, et alors seulement pouvons-nous, à l’exemple des mourants, ouvrir notre esprit et accepter d’écouter. Nous sommes prêts à tout pour nous libérer de cette impitoyable obsession.


Oubliez un instant le programme de Alcooliques Anonymes, oubliez l’alcool et l’alcoolique, et pensez à l’évangile de Jésus Christ, au péché et au pécheur. Dieu nous appelle à nous engager dans un programme qui s’avèrera absolument inutile si nous ne passons pas par la première étape : « Je suis un échec total. Je pense avoir connu du succès dans ma vie de chrétien, mais je l’ai fait sous ma propre motivation. Je suis toujours dépendant du péché. Je n’ai pas réellement abandonné le péché et je ne me suis pas réellement livré à Jésus sans réserve. » Passer en toute réalité par cette étape est un choc pour le système, mais c’est seulement après avoir subi ce choc que Dieu peut nous modeler et nous façonner à Son image. Il ne prend pas la pierre brute pour ériger Son temple, il Lui faut d’abord la briser.

Avez-vous encore des aspects de votre caractère qui sont comme des protubérances sur le bloc de pierre brut ? L’Artiste céleste se tient outils en mains, Il demande la permission d’opérer. Par moments il Lui faudra séparer des morceaux qui nous semblaient indispensables à la vie. Et cela semblera comme s’Il nous tirait le sang même du cœur. Et aujourd’hui, Il observe fixement cet aspect de votre caractère que vous pensiez acceptable, Il le scrute. Et vous pensez : « Cela peut rester, non ? » Mais le Maître regarde silencieusement, et Son regard ne donne pas de réponse favorable. Seulement Il vous laisse la liberté d’accepter ou non Sa sagesse divine. Il désire vous faire comprendre : « Je n’approuve pas ces choses-là, si tu veux continuer, Je te laisserai faire. Mais si tu veux connaître Ma volonté, tu devras entrer dans l’expérience de ton Sauveur et faire un sacrifice. » Ce sacrifice c’est la première étape.

« Qui veut s’avouer totalement vaincu ? Presque personne évidemment. Tous nos instincts naturels se rebellent à l’idée de l’impuissance personnelle. Il est vraiment intolérable d’admettre que nous avons pu … nous fausser l’esprit au point d’être hantés par une telle obsession destructrice de [pécher] que seul un acte de la Providence pourrait nous en libérer. »

Dieu nous propose d’admettre à nous-mêmes, avant même de Lui admettre à Lui, que nous sommes impuissants, et que dans notre état de dépravation nous avons désespérément besoin de Lui. C’est dans cet acte que se trouve le secret de la victoire pour le chrétien. Dans un abandon continu, je peux trouver un repos constant. En mettent ma confiance en Jésus Christ en toutes choses, dans la recherche du plaisir aussi bien que dans la nécessité de l’obéissance, je peux réellement progresser dans ma préparation pour le royaume de Dieu. C’est ce qu’Il désire de nous. Nous avons aujourd’hui le privilège de donner tout à Jésus, sachant qu’Il a tout donné pour moi, pour toi. Si tu étais le seul pécheur qui se repentirait, Il l’aurait fait, Il serait né dans la chair de péché pour toi, Il aurait marché le chemin sans gloire qui menait à Gethsemané et à la croix. Il l’aurait fait seulement pour toi, pour moi.

« Rendez au SEIGNEUR la gloire [due] à son nom ; apportez une offrande, et présentez-vous devant lui ; adorez le SEIGNEUR dans la beauté de la sainteté. … Que les cieux se réjouissent, et que la terre s’égaye ; qu’on dise parmi les nations : L’Eternel règne. … Rendez grâce au Seigneur, car il est bon ; car sa miséricorde demeure à toujours. » 1 Chroniques 16:29, 31, 34

Publié le 02/10/2016, dans Articles, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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