Études sur les sept Églises : 4. Thyatire
Études sur les sept Églises : 4. Thyatire
Dans notre étude précédente nous avions médité sur l’Église de Pergame. Nous avions vu qu’il s’agissait là de l’Église de Dieu durant la période de « l’élévation » du christianisme à la cour des rois et des empereurs. Le mot « Pergame » signifiait « exaltation » ou « élévation ». Cette période de l’Église à travers l’histoire était symboliquement représentée par l’histoire de Balaam et Balak. Nous n’y revenons pas en détail.
Aujourd’hui, nous nous penchons désormais sur la prochaine Église dans l’ordre après celle-ci, à savoir l’Église de Thyatire. On pourrait presque dire que l’étendue du passage qui concerne cette Église est proportionnel à l’étendue de la période qu’elle représente. Nous la lisons de premier abord, et par la suite nous nous concentrerons sur quelques morceaux à la fois :
Apoc. 2:18-29 Écris aussi à l’ange de l’Église de THYATIRE: Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a les yeux comme une flamme de feu, et les pieds semblables à un cuivre très fin. Je connais tes œuvres, ta charité, ton ministère, ta foi, et ta patience ; et je sais que tes dernières œuvres surpassent les premières. Mais j’ai quelque peu de chose contre toi, c’est que tu souffres que la femme Jésabel, qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes serviteurs, pour les engager dans la fornication, et leur faire manger des choses sacrifiées aux idoles. Et je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît de sa fornication ; et elle ne s’est point repentie. Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur ; et ceux qui se livrent à l’adultère avec elle, seront dans une grande affliction, s’ils ne se repentent de leurs actions. Et je ferai mourir ses enfants ; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs ; et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres. Mais à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne professent pas cette doctrine, et qui n’ont point connu, comme ils disent, les profondeurs de Satan, je dis : Je ne mettrai point sur vous d’autre charge ; mais tenez ferme seulement ce que vous avez, jusqu’à ce que je vienne. Car à celui qui aura vaincu, et qui pratiquera mes œuvres jusqu’à la fin, je lui donnerai puissance sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer, et comme on brise des vases d’argile, ainsi que je l’ai moi-même reçu de mon Père. Et je lui donnerai l’étoile du matin. Que celui qui a des oreilles, écoute ce que l’Esprit dit aux Églises.
Nous avions vu la dernière fois, lors de notre étude de Pergame, qu’il s’agissait de l’Église de Dieu durant la période de 323 à 538 apr. J.-C., soit la période de l’élévation des chrétiens dans l’influence qu’ils commencèrent à obtenir sur le gouvernement civil. La période concernée ici doit donc concerner la période débutant en 538 apr. J.-C., soit celle de la suprématie de la papauté, qui est déclarée comme aboutissant au temps de la fin, dans Daniel chap. 11.
Nous lisons dans Daniel 11, à partir du verset 31, au sujet de la Rome papale, son établissement, la période qui lui était attribuée dans l’histoire et la prophétie, et la fin de ce « temps » :
Dan. 11:31-33 Et des forces se lèveront de sa part, elles profaneront le sanctuaire, la forteresse, et feront cesser le sacrifice continuel, et mettront l’abomination qui cause la désolation. Il séduira par des flatteries les prévaricateurs de l’alliance ; mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu prendra courage et agira. Et ceux du peuple qui seront intelligents en instruiront plusieurs ; mais il y en aura qui tomberont par l’épée et par la flamme, par la captivité et par le pillage, pendant un certain temps.
La forteresse, c’était le coeur de la Rome païenne, soit Rome, qui fut profanée par les hordes barbares qui attaquèrent progressivement l’Italie aux 5ème et 6ème siècle ; et vers le début du 6ème siècle, Odoacre se rendit finalement maître de Rome, mettant ainsi définitivement fin à la suprématie de la Rome païenne.
Après que cette désolation continuelle (le mot « sacrifice » n’étant pas dans le texte) ait été arrêtée, ils établirent « l’abomination qui cause la désolation ». Il s’agissait là d’un pouvoir désolateur, comme l’avait été la Rome païenne, c’est-à-dire l’Empire romain, avant, mais cette fois-ci qui pouvait être déclaré par le Ciel comme une abomination.
Pendant cette période, certains connaitraient toutefois leur Dieu, il s’agissait du peuple auquel le Seigneur s’adresse tout particulièrement dans son message à l’Église de Thyatire. Et cette période de la Rome papale durerait « pendant un certain temps », lequel est mentionnée une fois de plus quelques versets plus tard, avec mention faite de l’aboutissement de cette période :
Dan. 11:34-35 Et lorsqu’ils seront renversés, ils seront un peu secourus ; et plusieurs se joindront à eux par hypocrisie. Et parmi les intelligents, quelques-uns seront renversés, afin qu’il y en ait qui soient éprouvés, purifiés et blanchis, jusqu’au temps de la fin, car elle ne viendra qu’au temps marqué.
Cet élément présenté au verset 34 parle de l’Église de Sardes, qui s’étend dans la prophétie de 1798 à 1833. Ce qui nous permet donc bien de conclure que l’Église de Thyatire couvre la période de 538 à 1798 apr. J.-C.
Ayant donc trouvé l’équivalent prophétique de cette Église, nous nous tournons vers le cœur du message de Jésus à cette Église de Thyatire. Pour cela, nous lisons ce passage du livre d’Haskell :
« Le message à Pergame porte l’histoire ecclésiastique jusqu’à l’an 538 après J.-C., date à laquelle l’union entre le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique, commencée à l’époque de Constantin, fut consommée. Pendant la période couverte par Pergame, l’Esprit du Seigneur était avec l’Église en tant qu’Église ; mais vers la fin de cette période, une séparation commença à se produire. Dans les années qui suivirent, une organisation se forma, portant encore le nom de chrétienne, et un autre groupe se sépara de cette première organisation, à cause des pratiques de Balaam, de l’idolâtrie et de la fornication pratiquées par ceux qui avaient été autrefois chrétiens. C’est ainsi qu’une mauvaise éducation fut la cause de l’apostasie de l’Eglise, et le seul signe de sa chute fut que, dans sa faiblesse spirituelle, elle chercha à s’appuyer sur le pouvoir civil. » (S. N. Haskell, The Story of the Seer of Patmos, p. 61.2)
Nous voyons ici que l’histoire nous révèle en réalité que, avec la naissance de l’Église catholique romaine, nous avions là sous nos yeux la naissance d’une organisation portant encore le nom de Christ, mais qui fonctionnait selon les principes de la doctrine apostate de Balaam. Et le Frère Haskell, en peu de mots, met en avant la « séparation [qui] commença à se produire » vers la fin de la période de Pergame.
Voilà une déclaration de l’Esprit de prophétie qui met cela en lumière :
« L’avènement au pouvoir de l’Église de Rome a marqué le commencement du Moyen-Âge. À mesure que croissait sa puissance, les ténèbres devenaient plus denses. Le pape, prenant la place de Jésus-Christ, le véritable fondement, devint l’objet de la foi. Au lieu de s’adresser au Fils de Dieu pour obtenir le pardon des péchés et le salut éternel, on comptait sur le pape, sur les prêtres et les prélats, auxquels il avait délégué son autorité. On enseignait aux foules que le pape étant leur médiateur terrestre, nul ne pouvait s’approcher de Dieu que par lui ; on ajoutait qu’une obéissance implicite lui était due parce qu’il était sur la terre à la place de Dieu. La moindre infraction à ses volontés attirait les châtiments les plus terribles pour le corps et l’âme. On détournait ainsi l’attention de Dieu pour la reporter sur des hommes faillibles et cruels, que dis-je ? sur le Prince des ténèbres qui agissait par eux. Le péché prenait le déguisement de la sainteté. Lorsque les Ecritures sont supprimées et que l’homme en vient à se considérer comme suprême, nous n’avons plus qu’à attendre la fraude, la tromperie et l’iniquité avilissante. Avec la glorification des lois et des traditions humaines surgissait la corruption des mœurs, corollaire inévitable de l’abandon de la loi de Dieu. » (La tragédie des siècles, p. 55.1)
Au milieu de telles circonstances, qui, d’ailleurs, avaient déjà commencé du temps de l’Église de Pergame, le Témoin fidèle rendait ce témoignage à Son Église :
Apoc. 2:19 Je connais tes œuvres, ta charité, ton ministère, ta foi, et ta patience; et je sais que tes dernières œuvres surpassent les premières.
Contrairement à l’Église d’Éphèse, au sujet de laquelle il était dit qu’elle avait perdu son premier amour, l’Église de Thyatire était décrite comme ayant les dernières œuvres surpassant ses premières. Comment l’histoire et l’inspiration élargissent-elles cela ?
« L’Eglise du Christ vivait des jours périlleux. Les chrétiens fidèles étaient peu nombreux. La vérité ne resta jamais sans témoins, mais il y eut des moments où l’erreur et la superstition parurent être sur le point de supplanter la vraie religion. Les croyants étaient invités non seulement à considérer le pape comme leur médiateur, mais aussi à compter sur leurs propres mérites pour expier leurs péchés. C’est par de longs pèlerinages, des pénitences, le culte des reliques, l’érection d’églises et d’autels, le don de fortes sommes d’argent qu’il fallait apaiser la colère de Dieu ou obtenir sa faveur; comme si Dieu était semblable aux hommes, prêt à s’irriter pour des bagatelles, ou à se laisser attendrir par des cadeaux ou des pénitences! L’Evangile était perdu de vue, tandis qu’on multipliait les cérémonies religieuses et qu’on accablait le peuple d’exactions rigoureuses. » (Ibid.)
« Perplexes devant le fatras des fausses doctrines qui leur barraient la voie, les quelques fidèles qui bâtissaient sur le vrai fondement” étaient tentés de dire, comme les constructeurs des murailles de Jérusalem au temps de Néhémie : “Les forces manquent à ceux qui portent les fardeaux, et les décombres sont considérables ; nous ne pourrons pas bâtir la muraille.” Las de lutter contre la persécution, la fraude, l’iniquité et toutes les subtilités imaginées par Satan, plusieurs — par amour de la paix comme pour sauvegarder leurs biens et leur vie — se découragèrent et abandonnèrent le sûr fondement de la foi. D’autres, sans se laisser intimider par l’opposition de leurs ennemis, disaient hardiment : “Ne les craignez pas ! Souvenez-vous du Seigneur, grand et redoutable !” Et ils allaient de l’avant, ayant “chacun… en travaillant… son épée ceinte autour des reins.” » (Ibid., p. 57.1)
Voilà ce que le Frère Haskell dit par rapport à toutes ces bonnes œuvres de cette Église :
« Ce ne fut pas une période d’inactivité ; leurs œuvres sont mentionnées trois fois dans la même liste. Ceux qui établirent une religion d’État, remplaçant le paganisme par la papauté, furent des ouvriers très assidus. L’Église absorbait tous les gouvernements, toutes les industries, tous les instituts d’enseignement, tout. Il n’y avait pas un seul coin d’Europe qui n’était pas sous l’inspection directe de cette organisation qui absorbait tout, connue sous le nom de papauté. Non seulement les rois sur leurs trônes, mais chaque individu dans sa propre maison, était soumis au pouvoir de Rome. L’Église s’interposait entre le roi et ses sujets, entre les parents et les enfants, et même entre le mari et la femme. Les secrets du cœur de l’homme étaient ouverts au confesseur. Des œuvres, des œuvres de toutes sortes étaient préconisées, car l’Église enseignait que l’homme était sauvé par les œuvres. De longs pèlerinages à travers les continents permettaient de payer la dette du péché. Les pénitences et les indulgences retiraient le pain de bien des bouches affamées. Le gouvernement le plus puissant qui ait jamais existé était assis sur le trône. Néanmoins, les masses pensaient que, par leurs œuvres pour l’Église, leur service, leurs œuvres caritatives et leur foi, elles servaient le Christ. « Mais j’ai quelque peu de chose contre toi, c’est que tu souffres que la femme Jésabel, qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes serviteurs, pour les engager dans la fornication, et leur faire manger des choses sacrifiées aux idoles. » Les péchés imputés à l’Église de Pergame sont répétés dans le message à Thyatire, mais ils sont introduits par un personnage différent. La femme Jézabel est prise comme exemple. » (S. N. Haskell, Ibid., p. 62.1)
Pour faire justice à cette représentation symbolique que nous donne Jésus et la comparaison qu’Il fait de cette Église à la femme Jézabel, nous voulons nous attarder sur les leçons tirées de son exemple et de la situation qui avait existé jadis en Israël sous son influence ; nous lisons au sujet d’Achab :
1 Rois 18:30-33 Et Achab, fils d’Omri, fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui. Et comme si c’eût été peu de chose pour lui d’imiter les péchés de Jéroboam, fils de Nébat, il prit pour femme Jésabel, fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens ; puis il alla et servit Baal, et se prosterna devant lui. Et il dressa un autel à Baal dans la maison de Baal, qu’il bâtit à Samarie. Et Achab fit aussi une idole d’Ashéra. Et Achab fit plus encore que tous les rois d’Israël qui avaient été avant lui, pour irriter l’Éternel, le Dieu d’Israël.
Nous lisons, parmi ses œuvres nombreuses en cette période, que « Jésabel exterminait les prophètes de l’Éternel » (1 Rois 18:4). Et après l’évènement solennel et puissant de la manifestation de Dieu sur le mont Carmel en réponse à la prière fervente d’Élie et l’impossible allumage du feu sur l’autel gorgé d’eau, nous lisons le récit suivant au sujet de la réaction de cette femme-là :
1 Rois 19:1-3 Or Achab rapporta à Jésabel tout ce qu’avait fait Élie, et comment il avait tué par l’épée tous les prophètes. Et Jésabel envoya un messager vers Élie, pour lui dire : Que les dieux me traitent avec la dernière rigueur, si demain à cette heure je ne te mets dans le même état que l’un d’eux ! Et, voyant cela, Élie se leva, et s’en alla pour sauver sa vie. Et il s’en vint à Béer-Shéba, qui est de Juda, et laissa là son serviteur.
Jésabel était une femme zélée pour le diable et tous ses faux dieux. Ainsi aussi serait l’Église représentée par cette femme païenne et cruelle. Nous lisons l’élargissement :
« Jézabel était une princesse de Sidonie, prophétesse du dieu Baal. Contrairement à Balaam qui, avant sa chute, adorait le vrai Dieu, Jézabel ne prétendit jamais adorer l’Éternel. Achab, le roi d’Israël, l’épousa pour son influence, mais il se retrouva complètement sous l’emprise d’une femme entêtée et méchante. A sa table, dans le royaume d’Israël, étaient assis les prophètes de Baal. Dans la capitale, des temples, des bosquets et des autels furent érigés en l’honneur du dieu païen ; le culte du soleil remplaça celui de Jéhovah. Les prophètes de Dieu furent mis à mort sur ordre de la reine ; même Élie s’enfuit devant elle. Elle propageait la prostitution et la sorcellerie, et, au nom du roi, elle écrivit une lettre pour faire mettre à mort des innocents. Israël connut la guerre, l’effusion de sang et finalement la captivité, à cause de la méchanceté de cette femme. C’est pendant sa vie que les cieux furent arrêtés et qu’il ne tomba pas de pluie pendant trois ans et demi. L’histoire de Jézabel est un guide infaillible pour l’interprétation de l’histoire prophétique de l’Église pendant le Moyen-Âge.
« Dans tous les détails, jusqu’à cette dernière période d’années, l’histoire de Jézabel est une parabole de l’histoire de l’Eglise pendant un temps, des temps et la moitié d’un temps — les trois ans et demi de la suprématie papale, la période couverte par le message à Thyatire. À cause de la doctrine de la justification par les œuvres, qui était le bastion de l’Église pendant cette période, l’Europe vécut plus de mille ans de ténèbres, connues dans toute l’histoire sous le nom de « Moyen Âge ». C’était une tyrannie des plus absolues, une tyrannie de la théologie sur la pensée. Quiconque levait la main contre l’Église tombait comme Naboth que Jézabel avait tué. La sorcellerie, l’idolâtrie et la fornication prirent la place de la religion de Jésus-Christ. L’Antichrist, ou le « mystère de l’iniquité », contrôlait entièrement le monde. De même que Jézabel écrivit au nom du roi et fit mourir en son nom un innocent, de même l’Église apostate s’opposa au Roi des cieux et s’éleva au-dessus de lui ; tout en parlant en son nom, elle changea la loi de Jéhovah et mit à mort des milliers de personnes qui étaient, en fait, des disciples du Christ. » (S. N. Haskell, Ibid., p. 64.1)
Quelle était la doctrine de l’Église catholique qui jeta un voile d’obscurité sur le monde et plongea même l’Église de Christ dans la perplexité pendant de nombreux siècles ? Nous le lisons ici : « la doctrine de la justification par les œuvres ». Tel était le bastion de l’Église romaine pendant cette période.
Ceci était lié à l’autorité suprême du pape de Rome sur les nations et les individus. Il s’agissait d’une « tyrannie des plus absolues », « une tyrannie de la théologie sur la pensée ». C’était une tyrannie de la théologie de Jézabel, une théologie corrompue, sur la pensée de tout individu, et condamnant tout individu ou toute nation qui désirait ou osait s’affranchir de cette tyrannie.
C’est pendant cette période de tyrannie morale et spirituelle que le Seigneur reprochait à Son peuple en cette période de « souffrir que la femme Jésabel, qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes serviteurs, pour les engager à la fornication, et leur faire manger des choses sacrifiées aux idoles. »
À ce sujet, le Frère Uriah Smith cite William Miller, qui dit ceci :
« « L’histoire, ainsi que ce verset, montre clairement que l’Église de Christ permit à certains moines papaux de prêcher et d’enseigner en son sein. » » (Uriah Smith, Daniel and The Revelation (1897), p. 388.2)
Puis il dit en parenthèses : « Voir « L’histoire des Vaudois » » Les Vaudois sont par excellence le peuple qui choisit de s’affranchir de cette domination tyrannique et absolue de la papauté. Toutefois, l’histoire, comme le suggère ce verset, nous montre, notamment en inspectant les développements de l’Église fidèle en Italie, notamment en Lombardie et au pied des vallées du Piémont, que certaines églises « souffrirent cette femme Jésabel » d’enseigner parmi eux.
Pourquoi souffrirent-ils que les « moines papaux » (catholiques) enseignent parmi eux ? Par peur de représailles s’ils les refoulaient aux portes de leurs églises. La peur décida de beaucoup de décisions prises même par les fidèles pendant cette longue période de domination et de persécution ; car le refus d’obtempérer était presque invariablement tôt ou tard condamné comme hérésie, et sous la papauté l’hérésie était souvent punie de mort.
C’était précisément ce que l’ange Gabriel avait annoncé au prophète Daniel concernant cette nouvelle puissance, qui n’avait jamais auparavant connu d’égale sur la terre, cette abomination qui cause la désolation. Il avait prédit que ceux qui voudraient rester fidèles à leur Dieu pendant cette période souffriraient des représailles similaires qu’avait jadis fait souffrir la femme Jésabel aux prophètes de l’Éternel :
Dan. 11:33 Et ceux du peuple qui seront intelligents en instruiront plusieurs ; mais il y en aura qui tomberont par l’épée et par la flamme, par la captivité et par le pillage, pendant un certain temps.
Les versets 21 à 23 (d’Apocalypse 2) nous montrent que Dieu est profondément longanime, même avec ceux qui foulent au pied Sa loi. Mais le Seigneur annonce que si elle ne se repentait pas, Il jetterait cette Église apostate dans un lit de douleur avec toutes les nations avec lesquelles elle aurait commis la fornication.
Apoc. 2:21-23 Et je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît de sa fornication ; et elle ne s’est point repentie. Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur ; et ceux qui se livrent à l’adultère avec elle, seront dans une grande affliction, s’ils ne se repentent de leurs actions. Et je ferai mourir ses enfants ; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs ; et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres.
Quand aurait lieu ce jugement ? Nous le lisons ici annoncé :
Apoc. 18:1-8 Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait un grand pouvoir. La terre fut éclairée de sa gloire. Et il cria avec force et à grande voix, et dit : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, et elle est devenue la demeure des démons, et le repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et horrible. Car toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa fornication, et les rois de la terre se sont prostitués avec elle ; et les marchands de la terre se sont enrichis de l’abondance de son luxe. Puis j’entendis une autre voix du ciel, qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple ; de peur que, participant à ses péchés, vous n’ayez aussi part à ses plaies; car ses péchés sont montés jusqu’au ciel et Dieu s’est souvenu de ses iniquités. Traitez-la comme elle vous a traités, rendez-lui au double ce qu’elle vous a fait. Dans la même coupe où elle vous a versé, versez-lui au double. Autant elle s’est enorgueillie et s’est plongée dans les délices, autant faites-lui souffrir de tourment et d’affliction, parce qu’elle dit en son cœur : Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, et je ne verrai point le deuil. C’est pourquoi ses plaies, la mort, le deuil et la famine viendront en un même jour, et elle sera consumée par le feu ; car le Seigneur Dieu qui la juge, est puissant.
Nous lisons au sujet de cette grande Babylone, qui nous est également décrite parfaitement dans Apocalypse chap. 17, que « ses plaies, la mort, le deuil et la famine viendront en un même jour », soit une année littérale. Il s’agit ni plus ni moins de « l’année des rachetés du Seigneur » (Ésaïe 63:4), du temps de détresse de Jacob, pendant lequel nous apprenons que non seulement lors de la cinquième plaie, mais également lors de la sixième plaie, le siège de la bête et son royaume serait rempli de ténèbres, puis dans Apocalypse 19:20, nous lisons que cette bête-là, avec aussi le faux prophète, ainsi qu’avec les nations avec lesquelles ils avaient fait la guerre à Christ, seraient « jetés vifs dans l’étang de feu brûlant ».
Toutefois, après avoir dénoncé ce système gigantesque et les conséquences inévitables de s’être érigé de manière si effrontée contre le Dieu du ciel et Son gouvernement, Jésus dit :
Apoc. 2:24-25 Mais à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne professent pas cette doctrine, et qui n’ont point connu, comme ils disent, les profondeurs de Satan, je dis: Je ne mettrai point sur vous d’autre charge; mais tenez ferme seulement ce que vous avez, jusqu’à ce que je vienne.
Uriah Smith dit ceci :
« « Je ne mettrai point sur vous d’autre charge. — Un répit promis à l’Église, si nous comprenons bien, du fardeau qui fut si longtemps le sien, le poids de l’oppression papale. […] les jours de tribulation qui s’abattaient sur cette Eglise devaient être abrégés à cause des élus. Matthieu 24:22. « Ils seront un peu secourus, » disait le prophète. Dan.11:34. Et Jean dit : « La terre secourut la femme ». Apoc. 12:16. » (Uriah Smith, Ibid., p. 389.3)
À ceux qui étaient épuisés par les années incessantes d’oppression et de dangers les menaçant de tous côtés à cause de leur fidélité au Dieu du ciel et à Sa vérité inchangée, au milieu de l’obscurité du Moyen-Âge, le Seigneur promettait un répit de la persécution. Comme nous l’avons vu récemment dans notre étude de Daniel 11, ce répit fut apporté à l’Église par la Réforme du seizième siècle.
Avant de conclure, j’aimerais que nous puissions retenir le point vivant de ce message triste du Seigneur à l’Église de Thyatire.
« Dans d’autres pays situés en dehors de la juridiction de Rome, vivaient des groupes de chrétiens qui avaient presque complètement échappé à l’apostasie papale. Entourés de païens, ils avaient, au cours des siècles, accepté quelques-unes de leurs erreurs ; mais ils continuaient de considérer le saint Livre comme leur unique règle de foi et de vie, et restaient fidèles à bon nombre de ses enseignements. Ces chrétiens croyaient à la perpétuité de la loi de Dieu, et observaient le repos du quatrième commandement. On trouvait des églises de ce type en Afrique centrale et parmi les Arméniens de l’Asie Mineure.
« Mais les Vaudois du Piémont sont les mieux connus parmi ceux qui résistèrent aux séductions de Rome. C’est dans le pays même où la papauté avait établi le siège de son autorité qu’elle rencontra la résistance la plus ferme et la plus constante. Les églises du Piémont maintinrent leur indépendance durant des siècles ; mais le temps vint où Rome exigea leur soumission. Après une lutte stérile contre sa tyrannie, les chefs vaudois reconnurent, à contrecœur, la suprématie d’un pouvoir auquel le monde entier semblait rendre hommage. Néanmoins, une minorité déterminée à rester fidèle à Dieu, et à conserver la pureté et la simplicité de sa foi, refusa de reconnaître l’autorité du pape et des prélats. Une scission eut lieu. Des partisans de l’ancienne foi quittèrent leur patrie alpestre et allèrent porter ailleurs leur croyance ; d’autres se réfugièrent dans les cavernes des montagnes, où ils conservèrent la liberté d’adorer Dieu.
« La foi pratiquée et enseignée pendant des siècles par les chrétiens vaudois formait un contraste frappant avec les erreurs de Rome. Elle était fondée sur la Parole de Dieu, source du vrai christianisme. Ces humbles paysans, vivant loin du monde, dans leurs retraites sauvages, absorbés par le soin de leurs troupeaux et de leurs vignes, n’étaient pas d’eux-mêmes parvenus à la vérité qu’ils opposaient aux hérésies et aux dogmes de l’Eglise apostate. Cette vérité n’était pas une acquisition récente. Ils l’avaient héritée de leurs pères, et ils luttaient pour conserver la foi de l’Eglise apostolique, “la foi qui a été donnée une fois aux saints”. Jude 3. L’Eglise du désert, et non l’orgueilleuse hiérarchie trônant dans la capitale du monde, constituait la véritable Église de Christ, gardienne de la précieuse vérité confiée au peuple de Dieu pour l’humanité. » (La tragédie des siècles, p. 66.1-3)
« L’Eglise du désert, et non l’orgueilleuse hiérarchie trônant dans la capitale du monde, constituait la véritable Église de Christ, gardienne de la précieuse vérité confiée au peuple de Dieu pour l’humanité. » C’était à cette Église que Jésus s’adressait dans Son message à Thyatire.
« Il a déjà été fait mention d’une séparation de l’Église en tant qu’Église aux jours de Pergame et aux premiers jours de Thyatire. Les individus qui reconnaissaient les directives de l’Esprit se réunissaient en petits groupes, cachés dans les grottes, les forteresses montagneuses et les antres, comme les prophètes de Dieu aux jours de Jézabel. Dans ces lieux isolés se trouvaient des milliers de personnes qui n’avaient pas fléchi le genou devant Baal. Parmi eux se trouvaient les Vaudois d’Italie et d’autres dispersés dans toute l’Europe, qui s’en tenaient à la Parole de Dieu et se fiaient à ses promesses. C’est de ces personnes dispersées, mais fidèles, que le message parle dans les termes suivants : « Mais à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne professent pas cette doctrine (de Jézabel), et qui n’ont point connu, comme ils disent, les profondeurs de Satan, je dis : Je ne mettrai point sur vous d’autre charge. » » (S. N. Haskell, Ibid., p. 66.2)
Voilà le sens, pour finir de Thyatire :
« « Le nom de Thyatire signifie « sacrifice de contrition » et semble avoir une application directe à ceux qui, aux yeux de leurs persécuteurs et du monde, étaient considérés comme des hérétiques et des hors-la-loi : des candidats idéaux pour le bûcher. Leur sacrifice était en réalité un « sacrifice de contrition ». Le cœur contrit est le cœur que Dieu honore. Au fil des siècles, une grande partie de la lumière et de la vérité qui avaient brillé sur l’Église apostolique s’était perdue ; mais le Sauveur ne réprimande pas ceux qui se sacrifiaient pour la vérité qu’ils connaissaient et qu’ils pratiquaient, parce qu’ils n’avaient pas la lumière des premiers siècles. » (S. N. Haskell, Ibid., p. 66.3)
Prophétiquement, le Seigneur leur parlait en les encourageant à tenir ferme leur foi, au milieu même des plus décourageantes circonstances, où il aurait semblé que même Dieu les avait abandonnés, pour qu’ils soient si cruellement traités, en raison de leur fidélité à Lui en ces siècles de terribles obscurité. En cela, nous obtenons une leçon d’encouragement qui nous apprends que, même lorsqu’il peut nous sembler traverser les pires moments et que le pire est encore à venir, le Seigneur met devant le croyant fidèle la perspective de Son retour imminent. C’est ce qu’Il faisait même pour ces fidèles au milieu du Moyen-Âge, car Il dit : « Mais tenez ferme seulement ce que vous avez, jusqu’à ce que je vienne. »
Puis Il montre à Ses enfants fidèles que, ce que les évêques ambitieux de Rome avaient cherché à obtenir par la fraude : la domination sur les nations ; Dieu le donnerait à Ses enfants qui s’étaient sacrifié pour Lui et pour Sa cause et Sa vérité.
Apoc. 2:26-29 Car à celui qui aura vaincu, et qui pratiquera mes œuvres jusqu’à la fin, je lui donnerai puissance sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer, et comme on brise des vases d’argile, ainsi que je l’ai moi-même reçu de mon Père. Et je lui donnerai l’étoile du matin. Que celui qui a des oreilles, écoute ce que l’Esprit dit aux Églises.
En effet, nous lisons au sujet du message de bienvenue réservé au peuple qui aura gardé Sa loi « jusqu’à la fin », le suivant :
Matt. 25:21 Et son maître lui dit : Cela est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.
C’est l’assurance que Dieu avait toujours donnée à ceux qui choisissaient de Lui rester fidèles à tout prix et à tout sacrifice :
Ps. 37:9-11 Car ceux qui font le mal seront retranchés, mais ceux qui s’attendent à l’Éternel posséderont la terre. Encore un peu de temps et le méchant ne sera plus ; tu considéreras sa place, et il ne sera plus. Mais les débonnaires posséderont la terre, et jouiront d’une paix abondante.
Puissions-nous ressortir des leçons réelles de ces révélations à la fois historiques et prophétiques sur le peuple de Dieu et ses expériences, notamment durant cette période des 1260 années et de la domination de la papauté sur l’Europe, et surtout, de la fidélité du peuple qui « ne professaient pas cette doctrine de Jézabel » mais qui y résistaient de toutes leurs forces et de tous leurs cœurs. Puissions-nous également apprendre de leur esprit, car nous en aurons profondément besoin lors de la résurrection des lois du dimanche.
Amen.
Publié le 12/12/2023, dans sept églises, et tagué adultère, Église catholique romaine, Église de Rome, enseigne, fidèles, moines, Pergame, sacrifiées aux idoles, Sardes, sept églises, tenez ferme, Thyatire, Vaudois. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.
Poster un commentaire
Comments 0